jeudi 19 novembre 2009

Pourquoi le ministre de l'Intérieur prend les élus locaux pour des imbéciles : Jean-Pierre Balligand

Lors de la séance des questions au Gouvernement, j'ai rappelé à M. Hortefeux, ministre de l'Intérieur que son appartenance au Gouvernement ne lui donnait pas le droit de mentir comme il le faisait à propos de la réforme de la taxe professionnelle.
En voici quelques exemples :

1er mensonge :
M. Hortefeux a laissé entendre que les opposants au projet du Gouvernement de réforme de la taxe professionnelle n'avaient pas de proposition alternative à formuler. J'ai personnellement travaillé plusieurs mois sur ce sujet dans un esprit de consensus avec Marc Laffineur (député UMP), Didier Migaud (Président PS de la Commission des finances) et Gilles Carrez (rapporteur général UMP de la Commission des finances). Nous avions formulé un ensemble cohérent de propositions que le Gouvernement a, pour les plus importantes d'entre elles, rejetées.

2ème mensonge :
M. Hortefeux a prétendu que la réforme de la taxe professionnelle allait « conforter » le lien fiscal entre les entreprises et les collectivités locales, lien auquel tous les élus locaux sont attachés. Affaiblir ce lien reviendrait en effet à punir les collectivités qui font l'effort d'accueillir des entreprises, parfois source de nuisances pour la population et de dépenses supplémentaires pour les collectivités.
Or la réforme projetée réduirait de près de 10 milliards le produit fiscal acquitté directement par les entreprises aux collectivités locales. Cette perte est particulièrement sensible pour les communes et intercommunalités, qui sont au coeur du développement économique local.

3ème mensonge :
Depuis quelques jours, le Gouvernement s'est rendu compte de l'inquiétude des élus locaux à l'égard de cette réforme. Mais, de concert avec la présidente du MEDEF Laurence Parisot, il prétend qu'il ne s'agit que d'un malentendu.
Or les élus locaux ne sont pas dupes.

Ils ont bien compris que la compensation sur laquelle insiste tant le gouvernement est une dotation ; or ils savent bien qu'année après année, le Gouvernement rogne la croissance des dotations aux collectivités. Cette année, leur croissance totale est même inférieure à celle de l'inflation : (0,6% contre 1,2%) ! La gestion irresponsable des finances de l'Etat ne peut que conduire le Gouvernement à persévérer dans son choix de faire des collectivités locales une des variables d'ajustement de son budget.

Les élus locaux ont également compris que cette réforme sera financée par les ménages. D'abord parce que les seuls impôts sur lesquels les collectivités auront encore la possibilité d'agir seront désormais très largement des impôts reposant sur les ménages, comme la taxe d'habitation. Pour boucler leurs budgets ils devront donc soit renoncer à des services qu'ils offrent aujourd'hui aux Français, soit augmenter les impôts et diminuer le pouvoir d'achat des Français. Ensuite parce que le refus du Gouvernement de financer cette réforme augmentera en rythme de croisière les déficits publics de 4 à 5 Md€ chaque année. Elle augmentera donc davantage la dette publique, que les Français devront tôt ou tard rembourser.

Il est donc temps que le Gouvernement cesse de stigmatiser les élus locaux comme il le fait et entende enfin leurs propositions pour mener la réforme de la taxe professionnelle consensuelle que la France mérite.

Jean-Pierre Balligand
Député de l'Aisne

lundi 16 novembre 2009

Fiers d'être Picards dans une Région de Gauche



Samedi, 8h45 du matin. Alors qu'élus, militants et sympathisants commencent à affluer sur la place de la Mairie pour participer aux Ateliers pour le projet régional, quelques responsables de l'UMP abrités sous des parapluies qui cachent mal leurs visages crispés tentent de constater les allers et venues de nos camarades.
Il faut dire qu'ils se sont faits fort par une basse manoeuvre dont ils ont le secret de créer la polémique sur notre venue dans l'édition du jour de l'Union.
Par delà les règles régissant les locations et mises à disposition de salle établies par la commune de Soissons; par delà même le code électoral dont ils semblent vouloir faire une lecture partielle et partiale ils pensent pouvoir créer l'évènement, le coup d'éclat...


N'importe ! L'évènement marquant aura bel et bien été cette matinée d'échanges, de débats, de travail collectif.
"Un moment d'unité et de rassemblement" comme le constatera Jean-Jacques THOMAS lors de son intervention avant de céder la parole à Claude GEWERC.
Le Président du Conseil Régional qui aurait pu s'arrêter à la valorisation de son bilan à la tête de la Picardie a commencé à poser les jalons de ce que doit être cette campagne : au plus près des Picardes et des Picards, au plus près de leurs préoccupations, au plus près de leur quotidien.
Nous ne devons pas, nous ne pouvons pas nous arrêter en si bon chemin.


La Picardie que l'UMP voulait disloquer il y a de celà quelques mois a changé, le Conseil Régional s'est engagé sur la voie d'une croissance durable au service de celles et ceux qui habitent ce territoire, de celles et ceux qui sont fiers d'être Picards.
Alors même qu'Eric BESSON en service commandé (il n'aura certainement pas fallu trop le forcer en la matière) agite le débat sur l'identité nationale à un moment opportun de la campagne électorale, Claude GEWERC a affirmé, avec force conviction et force talent, notre attachement à l'identité Picarde, à son histoire.
Parce qu'effectivement, il faut ne pas avoir la mémoire courte et se souvenir qu'avant même d'exprimer leur "Envie de Picardie" (toute récente et à tout le moins marquée par la proximité du prochain scrutin régional) les leaders de la Droite Picarde s'illustraient plus par leur envie de dissoudre la Picardie.


Dans les grands projets comme dans notre vie de tous les jours, nous avons besoin de Picardie; au terme de cette matinée nous sommes plus que jamais convaincus que la Picardie a besoin de Claude GEWERC et des socialistes.

Arnaud BATTEFORT
1er secrétaire fédéral délégué
Fédération de l'Aisne du Parti Socialiste.
http://au-coeur-de-la-gauche-02.over-blog.com

samedi 14 novembre 2009

Jean-Pierre BALLIGAND à Guise

La section de Guise du Parti Socialiste

et Jean-Pierre BALLIGAND
Député de l’Aisne

ont le plaisir de vous inviter à la réunion-débat publique

« QUEL AVENIR POUR LES COLLECTIVITES LOCALES ? »

Vendredi 20 Novembre 2009 à 18h30

à la Mairie de Guise, salle du Dojo (2e étage)

Jean-Pierre BALLIGAND interviendra sur les enjeux du projet de loi sur la "réforme territoriale"

vendredi 13 novembre 2009

Les Français sont fiers de l’identité de la France mais s’inquiètent de sa remise en cause par Nicolas Sarkozy


Face à son échec économique, social, sécuritaire, le Président de la République perd pied.


Devant l’urgence sociale, devant ses difficultés politiques, devant la division de son camp, il a voulu faire diversion en jouant sur les ressort classiques de la droite –insécurité, immigration, identité nationale- et en les agitant pour faire oublier ses échecs.


Il nous a livré un discours confus, accumulant les contrevérités historiques, pour ériger un mur d’illusions devant la réalité de ses difficultés.

L’identité de la France mérite mieux que de tels discours. Non, les Français ne doutent pas de leur identité, ils en sont fiers. C’est la liberté qui rime avec égalité, c’est la fraternité qui rime avec solidarité, c’est la laïcité qui rime avec tolérance.

Mais aujourd’hui, les français sont inquiets parce que ce sont ces valeurs qui sont attaquées, par la politique de Nicolas Sarkozy qui remet en cause notre modèle social, notre pacte républicain par tant d’inégalités, nos libertés par une volonté de prise en main de la justice, des médias et même du parlement ; ainsi que la défense des droits de l’homme par des décisions honteuses comme la destruction de la jungle de Calais et le renvoi d’immigrés afghans dans leur pays.


Autant de décisions qui font reculer l’identité de la France et la République, faite bien sûr de droits et de devoirs.


Comment faire respecter les lois quand les moyens de la justice reculent, que les effectifs policiers diminuent ?


Le Président de la République nous a livré un discours moraliste, difficilement audible de la part de celui qui accorde des passes-droit à ses amis, y compris à son propre fils.


De tous ces reculs, le Président de la République est responsable.

- En effet, l’écart scandaleux de revenus et une politique fiscale injuste symbolisée par le bouclier fiscal, c’est l’égalité et donc la république qui sont attaquées.

- La diminution du nombre d’enseignants et le gommage de la carte scolaire, c’est l’idéal méritocratique et la République qui sont attaqués.

- la remise en cause de la protection sociale et l’affaiblissement des services publics, c’est le recul de la République.

- L’augmentation du chômage, les conditions de travail humiliantes, les revenus du travail qui ne permettent pas de vivre, voilà la vraie dévalorisation du travail.

- Les discours sur la laïcité positive et les appels à la religion, c’est la laïcité et donc la République qui sont attaquées.

- Quand les moyens de la culture et de la recherche reculent, c’est la France porteuse de civilisation qui souffre.


Le discours de ce soir, c’est le discours d’un Président aux abois qui tente une maladroite reprise en main. Ce qui inquiète les Français, c’est le renoncement de Nicolas Sarkozy à faire vivre les valeurs de la France. Ce qu’ils lui demandent et nous lui demandons avec eux, c’est de porter haut ces valeurs.


La France n’a jamais été aussi forte dans son histoire et les Français aussi heureux que lorsque les valeurs de liberté, égalité, fraternité, solidarité ont été portées haut. La France mérite mieux. Les Français attendent une autre politique.


Martine Aubry

Première Secrétaire du parti socialiste

jeudi 12 novembre 2009

Ne touchez pas à Marie NDiaye, ne touchez pas à la liberté d’expression


La mise en cause de Marie NDiaye par Eric Raoult est inacceptable et inquiétante. Le Parti socialiste condamne fermement cette volonté de censurer la parole libre d’une écrivaine. Je le dis clairement : ne touchez pas à Marie NDiaye, ne touchez pas à la liberté d’expression.Marie NDiaye a quitté la France parce qu’elle était révulsée par la politique de N. Sarkozy. Pourquoi n’aurait-elle pas le droit de dire ? Pourquoi devrait-elle cacher la vérité ?
Non, les écrivains n’ont pas de devoir de réserve. Ils ont, au contraire, et ils ont toujours eu, un rôle éminent d’alerte et d’interpellation du pouvoir. Marie NDiaye s’inscrit dans la lignée des grands écrivains qui ont associé l’écriture à l’engagement, la littérature et la dénonciation des injustices, de Voltaire à Hugo, de Zola à Camus.
En voulant imposer le silence à ceux dont le métier est l’écriture, Eric Raoult s’inscrit dans la filiation des censeurs politiques, de ceux qui ont si peur d’assumer leurs actes qu’ils préfèrent chercher à faire taire leurs opposants.
J’adresse au nom du Parti socialiste un message de sympathie et de soutien à Marie NDiaye et je demande à Eric Raoult de retirer ses propos et de présenter ses excuses à Marie NDiaye.


Martine Aubry
Première secrétaire du Parti socialiste
à lire :

M. Sarkozy doit venir expliquer ses projets pour les territoires devant le Congrès des maires de France


M. Sarkozy et son gouvernement proposent un bouleversement majeur de l’organisation territoriale et des finances locales. Ces projets suscitent l’inquiétude légitime des Français et des élus. Ils aboutiraient, en effet, à recentraliser et à étouffer financièrement les collectivités ; ils aggraveraient l’injustice sociale et les inégalités territoriales ; ils représenteraient une manipulation électorale.Les maires de France, réunis en congrès les 17 et 18 novembre prochains, attendaient des explications du Chef de l’Etat. Craignant probablement leur colère et leurs protestations, M. Sarkozy a décidé de ne pas se rendre au congrès, privant ainsi les maires d’un véritable échange républicain.
Il a décidé au contraire de convoquer les présidents des associations de maires à l’Elysée le vendredi 20.
Devant cette dérobade, le Parti socialiste ne se rendra pas à l’Elysée. Il invite M. Sarkozy à assumer les responsabilités de sa charge et à accepter de venir dialoguer avec les maires le 17 novembre.
Il appelle, par ailleurs, les maires à se mobiliser massivement à cette occasion pour faire entendre leur voix.


Parti socialiste

Les ateliers pour le projet de la Picardie

Fédération de l’Aisne

Cher(e) ami(e), cher(e) camarade,

Nous sommes heureux de t’inviter, dans le cadre des prochaines élections Régionales

aux Ateliers pour le projet

Samedi 14 novembre 2009

de 9h00 à 13h00

en la Mairie de Soissons

Programme de la journée:

9h00: Accueil des participants.

9h30: Introduction des travaux par Jean-Jacques Thomas, 1er secrétaire fédéral.

9h45: Répartition des participants dans les ateliers.

4 thématiques:

Économie/Recherche-Développement/Agriculture/Tourisme/Emploi.

Formation/Éducation.

Vivre ensemble : Sorts/Culture/vie associative/Santé-Insertion/Transports-Déplacements/logements.

Réforme des collectivités/Réforme de la fiscalité locale.

10h00 à 11h30: ateliers pour le projet.

11h30 à 12h15: restitution des ateliers

12h15: intervention de Claude GEWERC, Président du Conseil Régional.

Parce que l’avenir de la Picardie se décide aujourd’hui, nous comptons sur ta présence, ta contribution, ta mobilisation.

(cette matinée est ouverte aux militants, adhérents et sympathisants).

Amitiés Socialistes

Arnaud BATTEFORT, Premier Secrétaire Fédéral délégué


Renseignements :

Fédération de l’Aisne du Parti socialiste -35 Bd Gras-Brancourt 02000 LAON – fede02@wanadoo.fr

lundi 9 novembre 2009

Martine Aubry: "Un pouvoir politicien, dans l'improvisation"


Martine Aubry attaque tous azimuts dans une interview exclusive au JDD. La patronne du PS veut conjurer vingt ans de néo-libéralisme, et fustige les coups de menton de Nicolas Sarkozy.


On dit souvent que la gauche ne s’est pas remise de la chute du mur de Berlin?

La gauche a baissé la garde à la fin du communisme. Nous avons laissé le capitalisme s’emparer et se griser d’un événement qu’il a présenté comme sa victoire. Le mur de Berlin est tombé, mais le mur de la finance s’est levé et a étouffé l’économie réelle. On a privilégié le court terme: les profits pour certains, au détriment d’un projet collectif porteur de progrès pour tous.


Quand la menace communiste existait, le capitalisme se tenait mieux?

Disons plutôt qu’à la chute du Mur, le capitalisme s’est retrouvé comme seul modèle dans le monde et qu’alors un capitalisme ultralibéral est né et s’est cru tout permis. Ce sont ces mêmes libéraux américains qui ont débarqué dans les pays de l’Est avec la volonté de détruire tout ce qui représentait le régime antérieur, en particulier l’Etat et les services publics, laissant la place à l’enrichissement de quelques-uns et au règne des mafias.

Donc, ce 9 novembre n’est pas "votre anniversaire"?

Au contraire, la fin des régimes communistes, c’est mon histoire, et celle de la gauche démocratique! C’est aussi la réunification de l’Allemagne et l’élargissement de l’Europe. Mais je mesure l’erreur des progressistes: nous avons cru que le retour de la liberté suffirait à tout régler… L’Europe n’a pas été au rendez-vous après 1989. On aurait dû accompagner les ex-pays de l’Est dans un régime de transition conservant un Etat protecteur et faisant naître un marché efficace.


«Le marché, c’est l’initiative et l’innovation, ce qui me va parfaitement»


Vous en voulez aux grands dirigeants de l’époque?

J’en ai beaucoup parlé avec mon père, qui aurait voulu que l’Europe s’implique davantage dans la construction de ce nouveau monde… Mais au-delà de cette analyse du passé, sachons en tirer les leçons pour l’avenir: le triomphe de l’ultralibéralisme a été une illusion. La crise économique a montré combien ce système marchait sur la tête. C’est bien un nouveau modèle que la gauche doit construire.


Une gauche qui n’est donc plus social-libérale?

Certains ont considéré que la financiarisation de l’économie était le comble de la modernité. Mais la gauche en France a mieux résisté à cette idée fausse. Et aujourd’hui, le Parti socialiste est uni autour d’une idée simple et forte: le dérèglement est tel qu’il ne s’agit plus d’amender le libéralisme ou de corriger ce capitalisme à la marge. Il s’agit de changer le système, de changer de système. C’est à cela que nous travaillons…

Vous revenez aux slogans d’avant 1983, la "rupture avec le capitalisme" abandonnée au contact du réel?

Laissez les slogans et parlez du réel, justement: l’ultralibéralisme nous a envoyés dans le mur. Or, aujourd’hui, tout revient comme avant la crise! Les rémunérations des hauts dirigeants, les bonus des traders, les stock-options, les avantages d’une minorité, alors que les inégalités s’accroissent et que le pouvoir d’achat stagne pour le plus grand nombre. Face à cela, un président de la République qui parle de régulation mais refuse de discipliner qui que ce soit. Expliquez-moi pourquoi les députés UMP n’ont pas voté la proposition socialiste d’augmenter de 10% les impôts pour ces banques, sauvées par l’argent public, dont les profits sont aujourd’hui de retour et qui ne financent pas les PME?

Vous regrettez le ralliement du PS au marché?

Le marché, c’est l’initiative et l’innovation, ce qui me va parfaitement. Mais les principes qui le déterminent, la concurrence, l’individualisme, le court terme ne peuvent s’appliquer aux biens collectifs - l’éducation, la santé et encore moins à la société. Le marché doit être régulé, sinon il peut être destructeur pour l’économie. Prenez ce sous-traitant de l’automobile, Molex, dont la France a suivi l’agonie. Une entreprise rachetée par des actionnaires américains, qui l’ont vidée de sa substance avant de l’exécuter. Le Parti socialiste a proposé, dans un cas comme celui- là, la mise sous tutelle judiciaire d’une entreprise mise en danger par son actionnariat.


«Le grand emprunt est une opération médiatique»


Cela changerait quoi?

Pour Molex, cela aurait empêché ce pillage à la hussarde d’une entreprise performante et profitable… De même, le gouvernement devait exiger des grandes entreprises automobiles qu’elles refusent de transférer leurs commandes aux Etats-Unis. L’Etat aide l’automobile, il peut exiger un comportement décent…

Il s’agit plus de volontarisme que d’un changement de système.

Le changement, c’est une preuve. Il faut installer un cadre législatif, qui force à changer de logique. Un exemple? Refonder l’impôt sur les sociétés, le moduler à des taux différents pour favoriser les entreprises qui réinvestissent une partie de leur profit en recherche, en équipements ou en formation, par rapport à celles qui les distribuent largement à leurs actionnaires. Je ne connais pas de patron sérieux qui s’opposera à cette mesure.

Nicolas Sarkozy, lui aussi, a son arsenal de discours et de mesures régulatrices?

Vous plaisantez? Le Président a une large panoplie de discours, le doigt levé contre les "patrons voyous" et les coups de menton contre les abus des banquiers. Mais d’actes concrets et efficaces, jamais! Ce n’est pas l’étalement des bonus qui changera la donne. Il aurait fallu les limiter, supprimer les stock-options pour les grandes entreprises, encadrer les hautes rémunérations; nous l’avons proposé à l’Assemblée, prenant, là aussi, au mot les discours du Président! Mais, bien sûr, l’UMP, le parti du Président, n’a pas voté cette mesure de bon sens.


Vous soutenez le grand emprunt pour sa part de volontarisme? A 100 milliards, à 30 milliards?

C’est une opération médiatique: la France n’a pas de problème pour emprunter sur les marchés financiers. Un emprunt auprès du public implique qu’on donne des avantages à ceux qui souscrivent: on va donc ajouter un cadeau fiscal de plus pour les privilégiés et une charge complémentaire pour les contribuables? En revanche, il y a à l’évidence besoin de relancer l’économie et de préparer l’avenir. Mais mobilisons déjà pour cela les 50 milliards de cadeaux fiscaux et de nouvelles niches fiscales réalisés par la droite depuis 2002!


«Un Président qui veut mettre le pays sous sa coupe»


Et comment dépenseriez-vous cette cagnotte?

De trois manières. En relançant l’économie par le soutien au pouvoir d’achat des ménages pour relancer la consommation. C’est indispensable. L’économiste de la Caisse des dépôts Patrick Arthus le demandait lui-même cette semaine. En préparant l’avenir: en investissant dans la recherche, en accompagnant l’industrie dans sa transformation "verte" - je préfère dire "durable"… En mettant en place un plan de transports collectifs carbone zéro. C’est aussi l’idée de Borloo. Qu’on lui donne les moyens! Et enfin, nous proposons un fonds d’intervention pour aider les PME. J’ai dit au Premier ministre que les régions socialistes déjà très engagées pourraient accompagner l’Etat sur de telles actions.


"Les régions socialistes"… C’est une entité cohérente, dont vous seriez la contre-présidente?

En tout cas, les régions, elles, ont fait face à la crise comme d’ailleurs les autres collectivités locales de gauche! Leur plan de relance a été deux fois supérieur à celui de l’Etat. Et leur action est actuellement menacée par les réformes territoriales et fiscales du gouvernement. Les modalités choisies par le gouvernement pour réformer la taxe professionnelle sont aberrantes. Les collectivités locales n’auront plus de prise sur la fiscalité des entreprises et ne pourront donc plus agir que sur les impôts des ménages. Pour la gauche, c’est un piège mortel que Nicolas Sarkozy tente d’imposer. On étrangle nos collectivités locales, pour pouvoir expliquer ensuite que la gauche pressure les ménages!


Il ne fallait pas supprimer la taxe professionnelle?

Bien sûr que si, mais sans cadeau pour les entreprises, et par une taxe sur la valeur ajoutée qui favorise les entreprises industrielles et les entreprises de main-d'œuvre. Nous l’avons proposé, nous n’avons pas été écoutés.


Vous décrivez un pouvoir forcément pyromane ou incompétent?

Je n’ai pas envie de faire dans la formule. Je constate un pouvoir qui obéit trop souvent à des motifs politiciens, au détriment de l’intérêt général et de l’avenir. Les faits sont là: un échec économique et social, et un Président qui veut mettre le pays sous sa coupe. Ainsi, sa réforme territoriale vise d’abord, par un changement de scrutin, à reprendre les collectivités locales à la gauche.


Vous ne faites pas crédit au Président de sa volonté de changement?

Changer pour quoi faire? Il faut retrouver le sens de la réforme. Qu’elle redevienne synonyme de progrès pour notre pays et pour les Français. Le PS avait fait des propositions pour relancer la décentralisation… Mais cela n’a pas intéressé le pouvoir. Après deux ans de démantèlement généralisé, on est aujourd’hui dans l’improvisation permanente: l’emprunt, la taxe professionnelle. Qu’est-ce qu’un pays où les collectivités territoriales, qui font 75 % de l’investissement national, ne savent pas le 15 novembre ce qu’elles vont pouvoir voter pour leur budget le 1er janvier, parce qu’on ne sait pas quelles seront leurs ressources? Tout le monde critique, même la majorité. On ne sait pas où on va.


Face à un tel pouvoir, le PS devrait prospérer…

Il va mieux. Il s’est remis au travail. Il est tout entier tourné vers les Français et vers le projet qu’il doit leur proposer. Dans le tour de France que nous avons engagé, les Français viennent très nombreux pour nous parler de la "France qu’on aime". Ils nous parlent du modèle social et de l’égalité, ils disent que la France se perd quand l’école et les hôpitaux sont affaiblis. Ils parlent de Sarkozy comme du "maire de Neuilly" qui ne les connaît pas. Ils sont inquiets de voir si malmenées les valeurs de la France.


«Le PS se transforme profondément»


Et pourquoi aller vers le PS pour conjurer ce système?

Parce que nous avons la responsabilité de porter avec la gauche rassemblée un modèle de société juste, durable et fraternelle.


Le PS a vraiment bougé?

Je le crois. Et je mets toute mon énergie pour que nous soyons au rendez- vous. Le parti se transforme profondément, s’ouvrant sur la société, imposant le non-cumul des mandats et organisant des primaires. C’est une condition de la crédibilité du projet que nous préparons.


Le moment "Vert" est-il passé?

Le résultat des Verts aux européennes, c’est, bien sûr, la figure de Cohn- Bendit, européen convaincu et écologiste. Mais c’est aussi à l’époque notre image dégradée. Et des catégories populaires qui ne vont pas voter pour une Europe qui les a oubliées. J’ai pris le succès d’Europe Ecologie comme quelque chose de positif: d’habitude, quand les gens ne sont pas contents des grands partis, ils votent pour les extrêmes.


Il n’y a plus de risque que les Verts passent devant le PS, qu’ils gagnent des régions?

Je n’ai jamais été obsédée par un tel risque.


Un sondage de CSA pour La Chaîne parlementaire donne Strauss-Kahn devant Sarkozy au second tour dela présidentielle… Mais il est le seul socialiste dans ce cas.

Attendez… Il y a huit mois, vous expliquiez que le Parti socialiste était en crise, maintenant que nous pouvons gagner la présidentielle? C’est que ça s’améliore, non?





mercredi 4 novembre 2009

La gauche défend tous les jours l’identité de la France face aux remises en cause de la droite et de N. Sarkozy


L’injonction du président de la République et de son ministre de l’immigration et de l’identité nationale, convoquant sans délai dans les préfectures « les forces vives du pays », est irrecevable.
La France mérite mieux qu’un discours polémique bricolé à la hâte à des fins électorales. La droite, de plus en plus déchirée, fragilisée par son échec économique et social, instrumentalise un sujet sérieux sur lequel on ne devrait pas chercher à diviser les Français.Nous ne sommes pas dupes de cette manipulation. Les socialistes ne serviront pas de caution à cette mise en scène racoleuse qui mobilise indûment et dans l’improvisation les Préfets dont ce n’est pas le rôle.
Les Français sont attachés à l’identité républicaine de la France. Ils n’acceptent pas ses remises en cause. Forgée dans l’histoire, dans les grands combats républicains, sociaux, ouvriers, féministes, l’identité de la France est d’abord constituée des principes communs que la République a su faire partager à tous les Français, et qui sont aujourd’hui bafoués : la France des droits de l’Homme, du droit du sol, de la laïcité, de l’école publique, de l’égalité sociale, du programme du Conseil national de la Résistance, de l’universalisme et de l’ouverture au monde.
La France fidèle à son identité, la France qu’on aime, c’est une France qui défend son modèle social, qui promeut les services publics, de l’école à l’hôpital, de la mairie à la Poste, parce qu’ils sont les moyens de l’égalité. C’est une France de l’émancipation de l’Homme, qui s’engage pour les libertés, notre bien commun, et pour ne pas laisser confisquer la démocratie par un pouvoir sans limites. C’est une France qui défend sa langue. C’est une France qui assume sa diversité, s’attaque enfin aux discriminations et aux obstacles qui barrent l’accès aux entreprises ou aux responsabilités publiques. C’est une France du XXIème siècle, profondément européenne, qui puise sa force dans le respect de cet héritage républicain.
Faire vivre l’identité de la France et l’originalité de son modèle est au cœur des préoccupations du Parti socialiste. Depuis septembre, les socialistes ont engagé un dialogue direct avec les Français dans le cadre du tour de France du projet, lors d’étapes qui permettent à des citoyens de toutes les origines et de toutes les histoires d’affirmer une identité commune. Les Français ne doutent pas de leur identité, ils nous demandent surtout de la défendre et d’y être fidèles.
Fidèles à notre histoire, nous revendiquons une vision civique et républicaine de la nation, et non pas ethnique ou particulariste qui laisserait l’identité s’enfermer dans des critères d’appartenance et donc d’exclusion. C’est cette approche, inhérente à l’existence d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, qui est contraire à l’identité de la France et à son génie.
Alors que par ses discours et sa politique, la droite attaque les piliers de la République, les socialistes portent aujourd’hui l’identité de la France.

à lire :

Pour Vincent Peillon, le gouvernement "chasse sur les terres des extrémistes"

On a beaucoup parlé du discours "agricole" de Nicolas Sarkozy


jeudi 22 octobre 2009

RÉSISTANCE ! par Jean-Jacques Thomas


Avec une brutalité qui dépasse l'indécence et un mépris des institutions qu'aucun Gouvernement n'avait jamais osé depuis la Libération, Nicolas Sarkozy s'attaque au dernier contre-pouvoir encore en place : les élus locaux.
Et le plus sûr moyen de réduire leur action, c'est encore de les priver des ressources qui alimentent leurs collectivités. Qu'importe si la suppression de la taxe professionnelle réduit à néant la capacité d'intervention des Conseils généraux et régionaux, des communes et de l'intercommunalité pourtant porteurs de 73 % de l'investissement public. Qu'importe encore si les services à la population disparaissent là où ils sont le plus nécessaires. Qu'importe enfin si ce nouveau cadeau aux entreprises se traduit par un transfert de l'impôt vers les ménages.
Avec un déficit qui en France se creuse (8,5 % du PIB contre 3,5 % en Allemagne), le Gouvernement se défausse et fait payer aux collectivités ses incuries dont les 15 milliards d'un paquet fiscal aux conséquences désastreuses sur les finances publiques.
Etrangler les assemblées territoriales, supprimer la moitié des élus locaux constituent un déni de démocratie, accentué par la disparition des services publics et l'accroissement des inégalités territoriales. Après, toujours sous le prétexte de réduire les déficits qu'il a lui-même creusé, il ne lui restera plus qu'à s'attaquer à la Sécurité sociale et au financement des retraites.
Plus que la mobilisation, l'heure est donc à la Résistance, frontale, sans concession. Les prochaines élections régionales constituent, en effet, la dernière occasion d'engager un véritable combat démocratique. Bilan contre bilan, projet contre projet.
Et, surtout, de le livrer ensemble !
Jean-Jacques Thomas
Premier Secrétaire fédéral de l'Aisne
du Parti socialiste

mercredi 21 octobre 2009

Mobilisation Générale Pour la justice et l'Egalité Territoriale

L. Fabius

« Cette réforme territoriale doit être soumise à référendum ».Les textes de loi présentés par le Président de la République et le Gouvernement sur les collectivités locales sous le nom de “réforme territoriale” ont en réalité en commun trois caractéristiques : l’aggravation, la recentralisation, la manipulation. Ils appellent de la part des élus et des citoyens de toutes sensibilités une opposition résolue. Près de trente ans après le grand mouvement de décentralisation que nous, socialistes, avons lancé, les collectivités territoriales ont besoin, non pas d’un retour en arrière, mais d’une toute autre réforme, une vraie nouvelle étape de la décentralisation, celle que nous présentons dans nos propositions.

1. L’aggravation concerne d’abord la fiscalité des ménages. Les modalités projetées de suppression de la taxe professionnelle et les mesures fiscales prévues auraient pour conséquence de faire passer la répartition des impôts locaux de 49 % pour les ménages et 51 % pour les entreprises à 73 % pour les ménages et 27 % pour les entreprises. Cette aggravation est inacceptable. Nous proposons une réforme d’ensemble de la fiscalité locale, avec en particulier une compensation intégrale des recettes de taxe professionnelle pour les collectivités, le maintien d’un lien entre les entreprises et les territoires, une révision des valeurs locatives pour la taxe d’habitation, laquelle tiendrait compte, pour être plus juste, du montant des revenus.

Plus largement, l’aggravation frappe l’ensemble de la situation financière des collectivités territoriales. Déjà, sous le coup des transferts de charges mal compensés de la part de l’Etat, celle-ci s’est dégradée depuis plusieurs années. Les nouvelles dispositions gouvernementales conduiraient à une nouvelle dégradation ( + de 20 000 communes verront en 2010 leurs dotations baisser) entraînant une hausse des impôts locaux et (ou) un affaiblissement des services publics locaux (notamment services scolaires et de la petite enfance pour les communes ; aides sociales en direction des familles, des personnes âgées, des handicapés pour les départements ; le développement économique, formation et transports pour les régions, etc…).

Les collectivités locales, qui assurent près de 75 % des investissements publics avec une dette 10 fois moins importante que celle de l’Etat, sont en général mieux gérées que celui-ci. Nous demandons, ce qui ne serait que justice, que l’Etat paie ses dettes envers les collectivités territoriales, qu’il compense réellement et durablement les transferts de charges, qu’il organise la péréquation financière permettant à la fois une réduction des inégalités et le maintien de services publics locaux de qualité.
2. Alors que la décentralisation a été positive pour notre pays, pour les collectivités territoriales et pour les citoyens, la recentralisation contenue dans les projets présidentiels est archaïque et contraire à la démocratie locale.Cette recentralisation est manifeste dans les dispositions concernant le Grand Paris, mélange de napoléonisme mal assimilé, d’arrière-pensées électoralistes et de faveurs pour la spéculation foncière.Elle s’étend aux regroupements de collectivités envisagés, qui se feraient par décision finale du gouvernement et des préfets au détriment des élus territoriaux démocratiquement élus.La recentralisation est particulièrement visible dans le projet de suppression de la clause dite de “compétence générale” pour les départements et les régions. Concrètement, cela signifie que ces collectivités ne pourraient plus intervenir financièrement dans des domaines généraux et, par exemple, ne pourraient plus soutenir, même modestement, les associations locales, sociales, sportives, culturelles… qui, grâce à l’action d’animateurs bénévoles, se dévouent pour nos concitoyens. L’intégralité de la charge serait reportée sur les communes, qui ne pourraient évidemment faire face.
De même, la fin des co-financements et l’exigence d’un financement majoritaire de tout projet par la collectivité maître d’ouvrage entraînerait des conséquences très négatives pour les moyennes et petites communes qui ne disposent pas de moyens suffisants pour financer seules leurs réalisations. C’est la solidarité territoriale, notamment en zone rurale, qui serait gravement mise en cause.

A l’opposé de cette recentralisation, nous proposons une nouvelle étape, un acte III de la décentralisation. Les regroupements de collectivités doivent respecter la volonté des élus locaux. Afin de simplifier les financements, nous proposons qu’une collectivité “chef de file” soit choisie pour les projets à financements multiples. La vie associative mais aussi sociale et économique continuerait à pouvoir être encouragée localement, au plus près des citoyens.

3. A mesure qu’ils sont connus, ces projets soulèvent de fortes protestations auprès des élus et des citoyens de diverses sensibilités. Si le chef de l’Etat les soutient, c’est qu’il en escompte un avantage électoral. On peut parler à ce sujet d’une véritable manipulation.Une manipulation, d’abord, des concepts. Le pouvoir central met en avant la simplification obtenue, alors que ces textes vont rendre la réalité locale encore plus complexe. L’article de loi portant suppression et remplacement de la taxe professionnelle comporte à lui seul plus de 96 pages ! Aux trois niveaux actuels (communes, départements, régions) présents dans presque tous les pays d’Europe et à leurs regroupements, seraient ajoutés par ces textes des “communes nouvelles” et des “métropoles”.

Le gouvernement insiste sur la nécessité d’économies. Fort bien ! A ceci près que pour cette année 2009, il présente un déficit budgétaire de 140 milliards d’euros cependant que le budget de fonctionnement des collectivités locales est, lui, en équilibre et a même dégagé en 2008 27,2 milliards d’excédents. S’il s’agit des indemnités des élus départementaux et régionaux, elles représentent au total moins de 0,12 % des budgets concernés. On est donc en pleine démagogie, le chef de l’Etat n’hésitant pas - ce qui évoque de tristes périodes - à opposer les élus aux électeurs.Ces projets comportent enfin une grossière manipulation électorale, à travers l’instauration d’un mode de scrutin inédit et contraire à la tradition démocratique française, un redécoupage général du territoire et la création d’une nouvelle catégorie d’élus. Le “conseiller territorial” serait obligé de cumuler les mandats de conseiller régional et de conseiller général. Compte tenu de son nouveau mode d’élection, l’exigence de parité ne pourrait pas être respectée. Alors que les compétences de la région et du département différent pour 90 % de leur contenu, les mêmes élus, rendus moins proches des électeurs, seraient censés gérer les deux collectivités ! Ce montage vise en réalité, grâce à un découpage électoral partisan, à amplifier l’opération du redécoupage législatif en favorisant le parti du chef de l’Etat au détriment des autres forces démocratiques.

Nous proposons, nous, de faire confiance à la démocratie locale et de proximité ; de ne pas opposer les électeurs et les élus ; de choisir pour l’élection des conseillers généraux, rebaptisés logiquement “conseillers départementaux”, le même mode de scrutin que celui qui donne satisfaction pour les communes et les régions, le scrutin de liste avec prime majoritaire. Ceci aboutira à une vraie simplification : chaque niveau de collectivité aura une compétence bien définie ; les regroupements seront encouragés sur la base du volontariat ; le mode de scrutin sera unifié ; les finances locales seront modernisées et péréquées.
En définitive, les textes qui nous sont proposés reposent sur quatre piliers, tous inacceptables : mépris à l’égard des élus de proximité, étouffement financier des ménages et des collectivités, recul des libertés locales, recentralisation.

M. Sarkozy a déjà montré qu’il n’acceptait aucun contre-pouvoir : justice, medias, Parlement. Aujourd’hui, il veut faire de même avec, ou plutôt contre les collectivités locales. A l’opposé, nous proposons une nouvelle étape de la décentralisation afin de rapprocher, plus encore, le pouvoir des citoyens.

Compte tenu de l’importance essentielle de ces textes sur la vie quotidienne de nos concitoyens, sur les services publics locaux, sur l’avenir de nos territoires et l’équilibre démocratique, nous demandons que les divers aspects de cette réforme territoriale soient soumis à référendum.

Elisabeth GUIGOU

Un projet d’injustice sociale

L’État ne veut plus faire face à ses responsabilités. Les impôts vont augmenter alors que les ressources des Collectivités locales vont continuer à baisser.Le projet fiscal du gouvernement, va non seulement aggraver la situation des Collectivités locales, mais à travers cela compromettre la qualité des services publics locaux. Pour les régions, il s’agit des transports, de la formation professionnelle des jeunes et de l’emploi. Pour les départements, c’est l’assistance des personnes âgées dépendantes, la prise en charge notamment des familles, bref c’est l’ensemble de ces services dont la qualité risque d’être compromise. Cela aura un effet direct sur nos concitoyens, aggravé par l’injustice fiscale.
Le projet de réforme fiscal ne touche en rien à la taxe d’habitation, alors qu’elle est injuste et que ses bases ont vieilli. On paie plus cher dans les territoires pauvres comme la Seine-Saint-Denis qu’à Paris, par exemple.Par ailleurs, on diminue la part payée par les entreprises compensée par une fiscalité sur les ménages. C’est en réalité une double injustice sociale et fiscale.

Régression démocratique enfin
Nous sommes très préoccupés par la recentralisation. Avec les conseillers territoriaux se met en place un projet qui va à rebours de la modernité. Avec ces conseillers territoriaux, on prive en réalité chaque territoire de ses élus locaux, or dans la décentralisation, c’est à chaque collectivité son élu.
Ces conseillers vont aussi aggraver la confusion, le cumul des mandats, brouiller les missions et les fonctions. On propose un mode de scrutin en fonction du résultat qu’on cherche. C’est en somme une confiscation de tous les pouvoirs qu’il s’agisse des Collectivités territoriales ou de la Justice. Voilà toutes les raisons pour lesquelles nous allons nous battre. Pour convaincre les Français que ce projet risque de les atteindre dans leur vie quotidienne. C’est leur situation quotidienne, leurs finances, leur budget qui sera menacé.